Tag gegen Homophobie. «Bildung und Empathie sind zentrale Punkte».

Aymeric Dallinge du Pôle Agression et Violences milite pour les droits de la communauté LGBTIQ+.

clé de voûte

Aymeric Dallinge, Président du Pôle Agressions et Violences (PAV), revient dans l’interview de blue-News sur ce que signifie la journée contre l’homophobie pour la visibilité et la sensibilisation sur le sujet.

Le 17 mai est la Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie – et l’occasion de parler à Aymeric Dallinge, président de PAV. PAV est une association vaudoise qui soutient les personnes LGBTIQ+ (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans* et intersexuelles) victimes et/ou auteurs de violences et leur entourage.

La Journée mondiale sans tabac n’empêche pas les fumeurs de fumer : ces journées ont-elles un sens ?

Bien sûr, cela ne résout pas tous les problèmes, mais tout comme la Journée anti-tabac aborde les effets nocifs du tabagisme, la Journée contre l’homophobie met en lumière la réalité vécue par les personnes LGBTIQ+. Il donne la parole aux personnes concernées et leur permet de dire : “Prenez conscience de ce que je vis, des difficultés avec lesquelles je lutte”. Je la comparerais plutôt à la journée des droits des femmes le 8 mars : c’est une belle façon de faire le point, mais aussi de rappeler la loi.

Quels progrès ont été réalisés en Suisse jusqu’à présent?

Il y a eu trois avancées majeures. Premièrement, l’interdiction des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle, qui a été votée par le peuple le 9 février 2020. Deuxièmement, le mariage pour tous, qui entrera en vigueur le 1er juillet. C’est une étape importante, car vous vous dites maintenant : « D’accord, j’ai le droit d’être visible et de prendre spontanément la main de mon partenaire en public. Enfin, le changement de genre au bureau d’état civil a été facilité. Il n’y a pas si longtemps, il fallait se présenter avec un certificat de psychiatre pour faire cette demande. Aujourd’hui, une conversation avec le registraire suffit.

Que reste-t-il à faire ?

C’est beaucoup à faire ! Je soulignerais notamment ce qui peut être mis en place au niveau fédéral. D’une part, vous devez vous poser la question d’un genre neutre. Avons-nous vraiment besoin du « m » ou du « f » sur la carte d’identité ? Par exemple, il pourrait tout simplement être aboli, comme cela a été fait dans d’autres pays. Cela donnerait plus de choix aux personnes non binaires. De plus, les soi-disant « thérapies de conversion » doivent être interdites. C’est un mal qui peut avoir de graves conséquences. Genève et Vaud ont déjà franchi ce pas, le Valais se penchera sur la question, mais interdire ces “accompagnements spirituels” au niveau fédéral enverrait un signal fort qui donnerait aux personnes concernées une base légale pour se protéger. Enfin, il serait bon d’avoir une loi qui protège les LGBTIQ+ de la violence subie et pas seulement de la discrimination.

Cela reste un combat de tous les jours ?

Oui, l’agression peut aller d’une simple insulte à un coup de poing pur et simple pour une personne LGBTIQ+. Et c’est mauvais. L’agression répétée crée de l’anxiété au quotidien et les personnes qui la subissent finissent par anticiper la suivante. Pour moi, les points centraux sont l’éducation, l’empathie et la sensibilisation. Dans certains pays scandinaves, l’empathie est enseignée dès l’école primaire et je pense que cela peut être un bon moyen d’aborder des problèmes comme le racisme ou d’autres types de discrimination.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes LGBTIQ+ victimes de violences ?

Ne taisez pas la violence subie. Beaucoup n’osent pas témoigner. La police de Suisse romande est en train de suivre une formation complémentaire afin de pouvoir mieux accueillir les personnes LGBTIQ+. Il ne s’agit pas de porter plainte à chaque fois ou d’appeler automatiquement les médias à l’action, il s’agit d’en parler. Avec son environnement ou avec un interlocuteur comme le PAV. Il ne faut pas rester seul avec cette violence, car les mots réparent. Et il y a des salles où vous pouvez en parler.

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