Digitale Sexuelle Bildung in der Heimerziehung

L’ensemble des thématiques “Sexualité – Internet – Jeunesse” fait souvent l’objet d’un regard critique d’un point de vue pédagogique. Par exemple, les risques de consommation de pornographie sont problématisés. Contrairement à cela, le professeur Dr. Dominik Mantey s’interroge sur le potentiel d’Internet pour soutenir le développement sexuel des jeunes à la maison.

Les adolescents pris en charge en institution font face à des défis liés à la sexualité pendant leur adolescence. Il n’est pas toujours possible de demander de l’aide, par exemple sous forme d’information ou de consolation, à ses parents, mais aussi à des amis ou à des proches. Étant donné que, par exemple, certains sujets sont tabous et ne peuvent être abordés malgré une forte pression pour agir (Mantey 2017, p. 176 ff.), un « écart de soutien » peut être supposé. Qu’est-ce qui le distingue et dans quelle mesure l’éducation sexuelle numérique pourrait être appropriée pour le combler “, cet article veut examiner. À cette fin, ce déficit de soutien est d’abord exploré et un besoin supplémentaire de soutien de la part des jeunes est justifié et le potentiel de l’éducation sexuelle numérique est examiné, mais ses risques sont également montrés. Enfin, il est clarifié comment le potentiel des médias numériques pour les jeunes doit être développé et les compétences médiatiques liées à la sexualité peuvent être promues chez les jeunes.

La psychologie du développement identifie la sexualité comme une tâche de développement importante à l’adolescence (Jungbauer 2017, p. 171 ff.). Les adolescents doivent composer avec le développement physique forcé par la puberté ou ils commencent des relations sexuelles pour la première fois. Des études empiriques confirment ces défis pour les adolescents vivant en institution (Helfferich/Steiner 2015 ; Mantey 2017). De plus, on peut supposer que les résidents adolescents* doivent faire face à d’autres défis liés à la sexualité, qui surviennent d’une part à partir du moment précédant le séjour à domicile (Wolff 2018, p. 464) et d’autre part à partir du domicile situation elle-même (Mantey 2020c, p. 70 ff. ). Par exemple, de nombreux jeunes en groupes résidentiels sont confrontés à la situation où ils ne sont pas autorisés à agir sexuellement avec des partenaires dans leur chambre (Rusack 2015b, p. 25 sq.).


Cet article est une contribution invitée du magazine social.

Le fait que la situation familiale elle-même pose des défis aux jeunes met en évidence les défis sous-jacents pour les professionnels : ils doivent non seulement permettre le développement sexuel des jeunes et, si nécessaire, les accompagner, mais en même temps assurer une protection et, pour la réalisation de cet objectif, les options d’action des jeunes se restreignent. Des mandats correspondants peuvent découler de différentes normes juridiques, telles que SGB VIII, la Déclaration universelle des droits de l’homme ou les droits sexuels et reproductifs de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF ; Müller 2017, p. 213). Diverses approches sont disponibles pour la mise en œuvre de ces ordonnances, par exemple des discussions peuvent avoir lieu ou des règles institutionnelles peuvent être introduites (Mantey 2020c, p. 90 ff.). Une possibilité est de permettre des processus d’appropriation auto-active liés à la sexualité à l’aide des médias numériques, entendus ici comme une éducation sexuelle numérique.

Des éclairages sur la pratique montrent que des processus d’accompagnement liés à la sexualité ont lieu, dont certains sont sollicités et initiés par les jeunes eux-mêmes (Mantey 2017, p. 167 ff.). Cependant, on peut voir que les interactions de soutien sont très conditionnelles et n’abordent que certains sujets et domaines de la sexualité. Par exemple, les problèmes dans les relations de couple et les aspects du développement physique tels que la ménarche sont souvent abordés. En revanche, des sujets tels que les identités sexuelles, les orientations sexuelles, la violence sexualisée et les aspects généralement liés au plaisir de la sexualité sont laissés de côté (ibid., p. 320 sq.). Une image similaire se dégage en ce qui concerne l’éducation sexuelle dans les écoles (Scharmanski/Heßling 2021b, p. 5 sq.). Ici aussi, certains sujets (par exemple les faits biologiques et la contraception) sont traités plus fortement et d’autres sujets (par exemple l’amour et les pratiques sexuelles) beaucoup moins fréquemment, de sorte que Döring (2020, p. 10 sq.) parle d’un “fossé d’illumination “. Ceci est comparé au “déficit de soutien” décrit ici, qui comprend, par exemple, le soutien émotionnel, mais uniquement lié à l’information.

Pour tous les jeunes, l’écart d’éducation est plus grand là où les jeunes ont des besoins différents, par exemple parce qu’ils appartiennent à des minorités sexuelles ou de genre et ne peuvent trouver aucune information ou modèle hors ligne concernant leur situation (ibid., p. 11) . Cela s’applique également au manque de soutien à la maison, car les problèmes des minorités sexuelles ont tendance à être moins discutés ici (Mantey 2019). De plus, des études internationales indiquent que l’écart d’éducation, mais aussi « l’écart de soutien » dans les foyers est encore plus grand. Les études de Hyde, Fullerton, Dunne, Lohan et Macdonald (2016) d’Irlande et Finigan-Carr, Steward et Watson (2018) des États-Unis – même si elles ne peuvent être transférées que dans une mesure limitée – montrent que les jeunes dans les foyers sont particulièrement touchés par l’écart d’éducation parce que, par exemple, ils changent d’école plus souvent ou ne vont pas du tout à l’école, manquent l’éducation sexuelle à l’école et ont donc des écarts de connaissances plus importants.

De plus, ces études montrent que les adolescents en institution ont non seulement des bases de connaissances limitées, mais présentent également des comportements sexuels significativement plus à risque. Elles utilisent moins souvent la contraception, ont des rapports sexuels plus tôt, ont plus de grossesses non désirées et sont plus susceptibles d’être touchées par des maladies sexuellement transmissibles (Hyde et al. 2016 ; Finigan-Carr et al. 2018).

En guise de conclusion intermédiaire, on peut affirmer que les jeunes à la maison font face à des défis particuliers en termes de développement sexuel, sont particulièrement touchés par un manque de soutien, mais en même temps ne reçoivent qu’un soutien limité. Alors, comment combler cet écart ?

Pour en savoir plus, vous pouvez trouver l’article complet du numéro 3-4/2022 du magazine social ici.

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